dans la chambre de carla et vincent à nantes il y a une tapisserie verte. elle est vieille et belle, comme le parquet qui grince. la fenêtre donne sur le jardin de marianne, des mures, du fenouil, de la sauge, de la verveine, des cosmos, des framboises… la pluie entre par la fenêtre et le voilage se soulève avec le vent, on aperçoit la lune par intermittence depuis le lit.

dans la caravane de chani et emeric à villeplane il y a deux lits légèrement humides. la couette est blanche comme je les aime. on se glisse dans le notre sans faire de bruit pour ne pas réveiller élie. la caravane est dans une cabane, par les fenêtres on voit les blocs de paille qui isolent du froid de la montagne. on est bien, comme dans un nid.

dans la chambre de l'hôpital de sète il y a des draps jaune paille et un grand mur fuchsia. la petite voisine chouine et élie mange ses brocolis sans broncher. il joue avec l'avion en métal que sam lui a ramené. le matin, on regarde les écureuils grimper comme des fous le long des troncs des pins.

dans la chambre de leïa chez nadia et jean-paul au hameau de la lune, il y a de la moquette toute fine et un heureux bordel. je berce élie pendant des heures. la nuit est longue et un peu triste. j'entends un chien aboyer de temps à autre. au petit jour, je prends un café dehors emmitouflée dans un gros pull en laine, les pieds dans la rosée.

dans notre chambre il y a le silence, des draps blancs, quelques vêtements, une table de chevet avec un petit plateau en marbre rose, des livres finis et entamés, une carte marine, un fauteuil en osier et c'est tout. la double porte reste ouverte et le vent traverse parfois la pièce. il fait bouger la boule en papier japonais accrochée au plafond.

au petit large dans la chambre d'Audrey il y a un grand lit un peu trop mou, des draps en pilou coloré, de la tapisserie rose, des boiseries teintées acajou. la porte-fenêtre est ouverte, la fraîcheur de la sorgue monte jusqu'à moi. je n'ai pas sommeil alors j'écoute les grenouilles et l'eau qui s'écoule du barrage et je rêvasse.

dans la tente à villeplane il y a des sons tout autour de nous, les oiseaux racontent des tas de trucs sous la lune. je les écoute et sombre doucement. au petit jour tout à changer, les oiseaux, la fraîcheur, je reste immobile pour ne pas faire de bruit avec mon sac de couchage et fini par me rendormir.

dans la chambre d'ami de manuela et jacques à St nazaire, il y a une étagère pleine de trucs très bien rangés, un rideau de perles noires à la porte, un volet roulant qui fait des petits trous de lumière. au plafond des étoiles phosphorescentes sont comme allumées. il devait y avoir un enfant dans cette chambre avant nous.